Niveau Zero – Interview

Après avoir fait son éloge lors de la soirée des 10 ans d’Ad Noiseam au Batofar, Spot Mag vous permet d’en connaître un peu plus sur Niveau Zero aka Fred avec cette interview faite le soir même dans les backstages du Batofar.

Salut Fred, merci de m’accueillir dans cet espace plus que confiné ! Alors ce que peut être nos lecteurs ne savent pas mais qui pourtant se comprend très vite lors de tes prestations, c’est que tu viens du métal, et je voudrais savoir comment tu expliques le lien entre le métal et le dubstep ?

Pour reprendre quelque chose que je dis souvent c’est que pour moi le dubstep est un peu le « power metal » de la musique électronique. Donc il me paraît logique d’y être arrivé. Après j’écoutais plein d’autres choses à part le métal, je ne suis pas resté que là-dessus, mais c’est vrai que ces deux musiques se ressemblent quelque part, comme sur les drops et l’énergie que ça envoie.

Tu n’as jamais eu envie de faire des collaborations avec Borgore ou même Scorn, qui viennent aux aussi du métal, ou même un groupe ?

Et bien si justement là je fais un remix pour un groupe d’hard core qui s’appelle As they burn er puis j’ai fait pas mal de remix de Sepultura, de Machine Head… Après, avec Borgore et Scorn ce n’est pas prévu ! J’ai aussi un projet avec le batteur du groupe d’hard core Henker.

Est ce que cela te donne envie de retourner au métal ?

Non. Mais c’est un vieil amour. J’ai envie de m’en servir car ça donne une énergie assez impressionnante. Il y a aussi le hip hop, le métal, la bass music, j’ai envie de vraiment tout mélanger, de faire de gros crossovers, et pas seulement de partir dans un style.

Ce soir c’est les dix ans du label Ad Noiseam. Tu as créé ton propre label, Château Bruyant, pourquoi avoir eu cette envie, ce besoin peut être ?

En fait Château Bruyant vient d’une envie commune avec les Tambour Battant, The Unik, Wapi Wap, Baxter Beez… Bref tous ces amis avec qui je fais de la musique depuis des années. Pour l’instant on ne sort que des maxis, on se fait plaisir, on signe qui l’on a envie de signer, et à l’avenir ce sera de mieux en mieux ! D’ailleurs, on vient de sortir un morceau de Tambour Battant qui s’appelle Animals avec le remix de Zimo. Après Ad Noiseam j’aime vraiment ce label que je connais depuis longtemps, et il correspondait vraiment à l’esthétique que j’avais envie de défendre. Mais voilà ce sont deux choses différentes et ça marche plutôt bien comme ça.

Revenons à la musique, avec cette question peu originale, mais que j’aime poser. Que penses-tu de l’évolution du dubstep et notamment de la surenchère actuelle du wobble bien gras ?

Ce que je peux dire c’est que je ne suis pas fan du wobble, c’est un type de basses, une forme du dubstep. Mais il y en a plein d’autres et c’est ce qui fait certainement que c’est une musique qui dure depuis maintenant 10 ans et qui risque de durer encore car chacun peut en faire ce qu’il veut. Pour moi le dubstep ne se réduit pas au wobble, c’est plus du 140 bpm, des grosses basses. À Berlin par exemple où il y a une scène beaucoup plus minimale, il y a des gars comme Scuba qui vont plus marcher alors que nous sommes plus rock ou metal et ce sont des mecs comme Borgore, Cookie Monsta ou encore Doctor P qui fonctionnent plus. En France, on voit beaucoup cette évolution dans le wobble, mais après beaucoup d’autres styles de dubstep se défendent ailleurs.

En parlant de Berlin et de minimale tu as joué récemment au Berghain le temple de la minimale et connu pour être le meilleur club au monde, c’était comment ?

C’était super, c’était aussi dans le cadre des 10 ans du label d’Ad Noiseam (installé à Berlin, ndlr). C’était blindé, le son est monstrueux… J’étais très flatté d’y jouer mais ne captais pas vraiment l’importance du truc, mais c’était vraiment une très, très bonne soirée.

Tu fais rarement des DJ set, ça ne t’intéresse pas ?

En fait j’en faisais pas mal avant car je n’avais pas assez de productions, mais maintenant j’essaye de faire une ou deux mixtapes par an avec les morceaux des amis. Je mixe encore, mais voilà c’est selon l’envie.

Prochaines sorties ? collabs ?

Une collab avec Balkansky que l’on vient de finir, une autre avec Matta, un remix de As they burn, un remix de Hightone, une collab avec Tambour Battant… Et un remix de Gazoline de The Unik qui sortira sur Château Bruyant à la rentrée !

Bonnes nouvelles ! Et pour finir petit questionnaire « spécial 10 ans », tu faisais quoi il y a dix ans ?

Je mixais de la drum’n’bass à Avignon avec le collectif Freesson et je faisais de la vidéo.

Et tu auras toujours tes dreads dans 10 ans ?

Non je ne pense pas être dans le délire des dreads blanches !

Ton paysage musical dans 10 ans ?

Dans 10 ans je ne pense pas être encore dans le dubstep. Et puis ce n’est pas vraiment ma chapelle, et j’ai envie de faire du hip hop, du grime, plein d’autres styles. De manière plus générale, je disais déjà que la musique « du futur » se sentirait encore plus, dans un sens très physique je veux dire, et c’est ce qui se passe pour le dubstep à mon avis, et je pense que cela continuera dans ce sens.

www.adnoiseam.net

www.chateaubruyant.com

www.myspace.com/niveau0

A.C.

Merci à Fred, Nico d’Ad Noiseam et Holistic Productions

Crédit photo : Svarta Photography

 

 

Publicités
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :